Le ciel étoilé, la transcendance et le bien commun en entreprise
Qui voit le ciel étoilé en ville ? Et qui voit encore ce qui est au-desus et au delà ?
Enfouis sous l'éclat artificiel des lumières urbaines, l’homme des villes ne voit plus les étoiles. Sans elles, il perd sa dimension de ce qui est au dessus de lui, la verticale, celle de la transcendance, ce qui est au-delà nous, ce qui nous dépasse. Le citadin, se croit seul, sans rien au-dessus de lui, il se pense maître de son destin. Mais il ignore ainsi un des axes fondamentaux qui le définit : celui de la verticalité. Il se laisse réduire à la seule l'horizontalité. Une horizontalité plate comme un réseau social. Pourtant, la place de l’humain est bien à la croisée entre verticalité et horizontalité.
Quels sont les conséquences concrètes de l’oubli de cette perspective verticale ?
En négligeant cet axe, l'homme perd donc le sens de ce qui le transcende, de ce qui est plus grand que lui. Il perd donc aussi sa place dans le monde. Comment se repérer dans un univers unidimensionnel ? Il perd aussi la mise en perspective des choses. De là, il ignore sans doute aussi sa capacité à prendre de la distance, à ne pas être uniquement dans l’instant ou dans une seule dimension -qui est alors le plus souvent celle de l’émotion et de la réactivité binaire.
Cela entraîne une perte de repères et donc une perte de sens. Devenant aveugle aux étoiles, il perd l'équilibre et s'expose ainsi à l'hybris, à la démesure, peut-être à la toute puissance. Déconnecté de la verticalité, ayant perdu le sens de la transcendance, il ne bénéficie plus de cette force qui élève au-delà des égoïsmes individuels. Certains la nomment transcendance, d’autres bien commun. Cette perte érode une partie essentielle de son existence et le laisse isolé sans qu'il en ait conscience.
Dans le contexte entrepreneurial, la verticalité est représentée par le simple bien commun, celui qui dépasse les silos pour le bien de l’entité entreprise et crée l’engagement.
La prise en compte du bien commun est alors une source d'inspiration et d'engagement durable.
La différence est flagrante entre les décisions prises isolément, qui sont souvent stériles ou de courte vue, et celles qui intègrent une vision du bien commun, celui qui dépasses les silos, et engendre des résultats significatifs, impliquant toutes les parties, solides.
De nombreuses théories prônent une ‘‘vision partagée’’ à décliner pour l'entreprise. Mais, dans un environnement incertain et changeant comme le nôtre, il semble plus judicieux de se concentrer sur ce qui fait sens au quotidien, pour chacun et pour l'ensemble des salariés. Or le bien commun, qui se vit jour après jour, se révèle être à la fois pratique, inspirant et renforçant les liens au quotidien et au long terme. Et ce sont bien les liens qui participent directement à la solidité et l’esprit d’innovation d’une entreprise.
Prendre une décision en considérant le bien commun de l'entreprise, c'est répondre à trois questions cruciales : est-ce aligné ? Est-ce juste ? Est-ce utile ? Aligné avec notre raison d’être, ce pourquoi nous sommes là, les valeurs que nous vivons ensemble, mais aussi avec les conséquences long terme. Juste, respectueux des engagements, compréhensible, mesuré. Utile, pour l’entreprise et pour les personnes qui la font vivre et croître.
Avec mes clients, je n’aborde pas la notion de bien commun de manière frontale, de type ‘’travaillons maintenant sur la vision de…’’, mais en laissant émerger et en formalisant progressivement cette notion, pour qu'elle devienne un axe central, revitalisant et dynamisant. Il est alors au centre de la table commune et à tous les repas…
En conclusion éphémère, en entreprise, nourrissez le bien commun et il vous nourrira. A titre individuel, en retrouvant la dimension du ciel étoilé, retrouvez le sens, celui de votre place dans le monde et celui de la juste mesure des choses.
Marie Elisabeth Boury
MEB
N.B. Oui, je parle de ‘‘bien commun’’ et non d’’’intérêt commun’’, car je suis européenne, et le bien commun est plus puissant pour nous Européens que le simple ‘‘intérêt’’, donc pécuniaire, en commun.
Image from Tintin au Tibet
Copyright et tous droits réservés MEB 2025, aucune diffusion sans mentionner la paternité et le lien au site https://www.marieelisabethboury.com/fr/humeurs
Travailler ensemble et me contacter, c’est ICI