Transformer n’est pas changer, et cela change tout
Je vois souvent une confusion entre ‘’changement’’ et ‘’transformation’’. Or ces deux concepts sont radicalement différents. Se tromper sur le sujet garantit une belle embrouillarde et des missions, individuelles ou collectives, qui n’aboutissent pas grand chose, et des clients frustrés, à raison.
Revenir au sens des mots et à ce qu’ils impliquent est un bon point de départ. Cela participer aussi de ma passion, qui est d’avoir le mot juste, garantissant une action juste. Dans ce post, je ne prendrai qu’un seul critère différenciant, celui qui me semble le plus pertinent.
Le changement vient de l’extérieur, la transformation de l’intérieur,
Le changement vient de l’extérieur. Il est donc imposé. Tire-t-on sur une plante pour la faire pousser ? Non. Le changement suscite donc des résistances et des réticences. Faut-il s’en étonner ? Non, c’est plutôt sain. La pire des manières pour annoncer un changement ? Celui qui est annoncé ainsi ‘’mais c’est pour ton bien’’. Car il implique de savoir mieux que l’autre ce qui est bon pour lui. Donc de le nier ou de l’infantiliser, au choix. Mais ‘‘c’est pour ton bien’’. La résistance minimum est donc parfois bienvenue, cela prouve qu’il y a de la vie.
La transformation, elle, vient de l’intérieur. Elle part de l’être. Elle participe de cette évolution de l’être vers la réalisation de ce qu’il est profondément. Certains parlent même d’âme, mais il semble que le sujet ne doive pas appartenir au monde professionnel. La transformation est une étape de l’évolution. Un être est-il le même à vingt ans et à cinquante ? Regardez ce que dit Carl Gustav Jung de la réalisation de l’être par le processus d’individuation, ou plongez dans l’élan vital d’Henri Bergson.
Mais si la transformation vient de l’intérieur, cela implique d’avoir accès à cette intériorité. Dans un environnement où l’apparence, l’extériorité, et l’horizontalité des réseaux sociaux règnent conjointement à la déréliction, cela peut être ’’challenging’’. Pourtant c’est la clé.
Et pour l’entreprise, la transformation, pour réussir, doit revenir à la raison d’être initiale, celle qui avait présidé à sa création, pour pouvoir la revisiter et se transformer sur des bases solides
C’est mon expérience que je transmets. Chaque entreprise a été, à un moment ou un autre, au pied du mur, proche de ce qui aurait pu être la fin. Alors certains se transforment et d’autres cherchent à changer.
Celles qui changent décident de tout changer. ‘’Erase and restart’’, elles font table rase de leur histoire, de ce qui les a fait naître, de ce qui a fait la fierté des hommes et des femmes qui l’ont construite, pour lancer un ‘’a fresh start’’ à partir d’un rien à construire. Celles-là ont de grand risque d’échec. Autrement dit, elles se plantent le plus souvent. C’est mon jour de bonté, je n’en dirai pas plus, vous en connaissez des exemples aussi bien que moi.
Celles qui se transforment sont celles qui reviennent à leurs fondamentaux, à leur raison d’être initiale, à leur première raison d’être, ce cœur qui les a fait battre. Et elles respectent et revisitent ces fondamentaux, cet invariant, pour le faire vivre d’une autre manière. Elles survivent et croissent.
Ainsi, transformer n’est pas changer, et cela change tout. Ne pas se tromper de sens !
Aborder la transformation, intérieure, et tous les confusions et les joies qu’elle représente, comme si c’était un changement, donc extérieur, c’est comme prendre une rue à contre-sens, ou à contre-courant. Courage, rame. Mais le changement semble ‘‘contrôlable’’, ce qui en rassure certains, c’est plus facile. La transformation elle est un processus complexe à plusieurs équations.
Cependant, attention de ne pas en faire les frais pour vous même ou votre entreprise.
Au-delà de trois ou quatre paragraphes le post n’est plus lu. Je vais donc m’arrêter là, il y aurait tant d’autres choses à ajouter. Ah, un instant, on me demande, cette condition de réussite d’une transformation d’entreprise s’applique-t-elle aussi à une civilisation qui connaîtrait de fortes perturbations ?
Oh la belle question.
Marie Elisabeth Boury
MEB
Une proposition, le Jeu de l’Oie de la Transformation :
En pleine transformation à titre individuel ? Au milieu du brouillard ? Je vous propose de l’aborder de manière ludique et profonde, par le Jeu de l’Oie, un jeu très ancien à la longue histoire. Ce Jeu de l’Oie de la Transformation est un Jeu spécial avec des cases spécifiques, mais sur le même principe. Il est destiné à éclairer le chemin de ceux qui sont en transformation. Le Joueur, c’est vous, et les cases sur lesquels vous tombez vous offrent des clés et éclairent le chemin à venir de manière étonnante. Une session. En savoir plus, c’est ici : https://www.marieelisabethboury.com/fr/delices
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